Le mardi 10 mars, quelques jours après la Journée internationale des droits des femmes, l'École Egora organisait une table ronde sur la place des femmes dans les affaires publiques.

L'invitée du soir : Pauline Berthaud, spécialiste en diplomatie et en relations internationales, intervenante à Egora et directrice au sein du groupe Abramundi.
Deux heures d'échanges qui m'ont marquée, pas pour les grandes déclarations, mais pour la précision des réponses.
Le fil rouge de la soirée tenait en une question : comment les femmes accèdent-elles aux fonctions d'influence dans les affaires publiques ?
La réponse de Pauline Berthaud a posé les bases de toute la discussion. Elle distingue clairement le pouvoir de l'ambition. Le pouvoir, dit-elle, s'obtient de l'extérieur, il est lié à une fonction, un titre, une position. L'ambition, elle, vient de l'intérieur. C'est un moteur personnel, indépendant du regard des autres.
Cette nuance peut sembler subtile. Elle est en réalité structurante : les parcours les plus solides, selon elle, sont ceux construits sur une ambition réelle plutôt que sur la recherche du pouvoir à tout prix.
Ce qui m'a le plus frappée, c'est la façon dont elle a abordé la question de la légitimité. Pas sous l'angle des discriminations extérieures, sujet réel, mais souvent rebattu, mais sous celui des freins intérieurs.
Les femmes doutent parfois d'elles-mêmes là où d'autres n'hésitent pas. Elles attendent d'être prêtes à 100 % quand d'autres se lancent à 60 %. Ce n'est pas une fatalité, mais c'est un réflexe à identifier et à déconstruire.
Sa formule reste en tête : la confiance qu'on inspire aux autres commence par la confiance qu'on a en soi. Et reconnaître ses compétences, ce n'est pas de l'arrogance, c'est simplement accepter la valeur de ce qu'on a construit.
La table ronde a aussi mis en lumière une réalité troublante : les femmes sont aujourd'hui majoritaires dans les formations en sciences politiques, bien représentées dans les concours de la haute fonction publique, certaines promotions de l'INSP ont frôlé la parité. Et pourtant, plus on monte dans les hiérarchies, moins elles sont présentes.
Cet effet d'entonnoir n'est pas une fatalité non plus. Mais il ne disparaîtra pas seul. Les évolutions institutionnelles (congé parental, congé maternité renforcé, congé paternité) participent à changer les représentations. La sororité aussi, à condition de ne pas la réduire à une opposition aux hommes : c'est avant tout un levier d'entraide.
Ces questions me tiennent à cœur depuis longtemps. Mais les entendre formulées par quelqu'un qui évolue au quotidien dans les sphères de l'influence (au Moyen-Orient, dans des contextes géopolitiques complexes comme l'après-Accords d'Abraham) leur donne un poids différent.
Cette table ronde s'inscrit dans ce qu'Egora fait régulièrement : mettre les étudiants face à des professionnels qui parlent vrai. Depuis le début de l'année, nous avons rencontré Yaël Braun-Pivet à l'Assemblée nationale, entendu Prisca Thévenot sur les coulisses du gouvernement, échangé avec Myriam Lhermurier sur son parcours entre Google et PayPal.
À chaque fois, la même conviction se renforce : comprendre les affaires publiques, c'est aussi comprendre qui les fait, et pourquoi certains y arrivent plus facilement que d'autres.
Par Jessica étudiante en Mastère, École Egora

Vous souhaitez en savoir plus sur les conditions d'admission ou les tarifs de nos formations ? Retrouvez toutes ces informations dans notre brochure complète.