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Une plongée au cœur du journalisme politique contemporain avec Arthur Berdah

Conférence
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2026

Assister à la conférence d'Arthur Berdah, journaliste au service politique du Figaro, permet de mieux saisir les réalités concrètes d’un métier à la fois exposé, critiqué et indispensable au fonctionnement démocratique.

est élève en
à Egora

Comprendre le métier derrièrel’information

À travers son parcours et ses réponses aux questions du public, il a dressé un portrait nuancé du journalisme politique aujourd’hui, entre exigence professionnelle, contraintes économiques et mutations technologiques.

Âgé de 32 ans et originaire de Marseille, il rejoint Paris après le baccalauréat pour intégrer l’École Supérieure de Journalisme de Paris. Dès le début de son intervention, il insiste sur une idée forte : si l’école apporte des bases, le journalisme s’apprend surtout sur le terrain. «Ce métier s’apprend en vivant», explique-t-il. Cette affirmation prend tout son sens lorsqu’il évoque son stage de six mois au Figaro en 2014. À cette époque, il choisit de suivre un ministre encore peu connu, récemment nommé à Bercy : Emmanuel Macron. Ce choix, presque intuitif, s’avère déterminant. Lorsque celui-ci est élu président en 2017, Arthur Berdah devient l’un des journalistes chargés de suivre l’actualité de l’Élysée.

Ainsi, dès le début de sa carrière, se dessine une caractéristique essentielle du métier : savoir anticiper, observer, et parfois miser sur des trajectoires encoreincertaines.

Une organisation penséepour la réactivité

Cette capacité d’anticipation ne repose pas uniquement sur l’intuition individuelle ; elle s’inscrit dans une organisation collective structurée. Le service politique du Figaro compte environ quinze personnes : trois chefs et douze rédacteurs, répartis entre le print et le web.

Trois journalistes dits « transpartisans » assurent une permanence quotidienne (6h–14h, 10h–18h, 14h–20h), garantissant une couverture continue de l’actualité.

À leurs côtés, des journalistes spécialisés suivent les différents partis, l’Assemblée nationale ou encore le pôle exécutif, dont l’Élysée.

Cette répartition illustre bien la double exigence du métier : spécialisation et polyvalence. Le journaliste chargé de l’Élysée, par exemple, doit être un véritable «couteau suisse», capable de maîtriser les dossiers institutionnels tout en développant un réseau solide.C’est ici qu’intervient une autre dimension centrale évoquée lors de la conférence : la relation aux sources.

Confiance sans connivence : un équilibre délicat

En effet,couvrir le pouvoir implique d’entretenir des relations régulières avec les responsables politiques. Arthur Berdah insiste alors sur une distinction fondamentale : celle entre confiance et connivence. La confiance est nécessaire pour obtenir des informations fiables; la connivence, en revanche, menacerait l’indépendance du journaliste. Cette nuance est essentielle dans un métier souvent accusé de proximité excessive avec le pouvoir.

Cette exigence d’indépendance se retrouve également dans les pratiques internes du journal. Au Figaro, il n’existe pas de cellule spécifique de fact-checking : chaque journaliste est responsable de la vérification de ses informations. Une règle simple s’impose : une information issue d’une seule source ne peut être publiée, sauf si elle est officielle et vérifiable. La rigueur prime sur la précipitation, même si la concurrence médiatique est forte.

Informer vite, mais informer juste

Cette tension entre rapidité et prudence apparaît particulièrement dans la couverture des faits divers. Comment être les premiers à informer sans tomber dans le sensationnalisme ? Comment respecter la vie privée tout en répondant au droit à l’information ?

Arthur Berdah évoque des précédents marquants, comme l’attentat de l’Hyper Cacher ou la médiatisation de l’affaire Dominique Strauss-Kahn. Ces épisodes ont montré les risques d’erreurs ou de dérives lorsque la pression de l’instant domine. Selon lui, l’enjeu est d’éviter d’être «les premiers vautours» tout en donnant la paroleaux victimes. La déontologie ne relève donc pas d’un principe abstrait: elle structure les choix éditoriaux au quotidien.

Une profession fragilisée mais en mutation

Arthur Berdah refuse l’idée d’un déclin inéluctable. Au contraire, il observe l’émergence de nouveaux formats et de nouveaux acteurs comme Brut ou HugoDécrypte, qui témoignent d’un renouvellement des pratiques d’information, notamment auprès des jeunes publics. Cette évolution conduit naturellement à aborder un autre bouleversement majeur : celui de l’intelligence artificielle.

L’intelligence artificielle : outil d’avenir, pas substitut

Selon lui, l’IA représente une révolution comparable à celle de Google à ses débuts. Elle n’est ni un tabou ni une menace absolue, mais un outil à apprivoiser. L’intelligence artificielle a besoin des contenus produits par les journalistes pour fonctionner; inversement, les journalistes doivent apprendre à l’utiliser intelligemment. Ce rapport d’interdépendance illustre bien la transformation continue du métier.

Indépendance éditoriale et contraintes structurelles

La question de la ligne éditoriale s’inscrit dans cette réflexion plus large sur l’indépendance. Propriété du groupe Dassault, Le Figaro est souvent associé à une sensibilité libérale. Toutefois, Arthur Berdah souligne le faible interventionnisme direct de l’actionnaire dans le contenu des articles. Le journal ne soutient officiellement aucun parti, même s’il peut partager certaines orientations idéologiques. Il peut tout autant critiquer Les Républicains que d’autres formations politiques.

Cette indépendance s’exprime aussi dans le refus de certaines pratiques : ne jamais payer pour une information, et parfois accepter de ne pas publier une information afin de protéger une source.

Là encore, le temps long et la crédibilité priment sur le scoop immédiat.

Une presse appelée à se réinventer

Enfin, la conférence s’est conclue sur l’avenir de la presse écrite. Si le papier reste important pour les lecteurs fidèles, le web est désormais central, tant pour la diffusion que pour la réactivité. Les contraintestechniques, comme le bouclage à 20h pour l’impression, montrent que le journalisme est aussi une question de timing et d’organisation. Le numérique permet d’ajuster, corriger et compléter.

Plus largement, Arthur Berdah résume ledéfi contemporain en une formule simple : le Figaro doit répondre demain à des questions qui ne se posaient pas hier. Entre exigence éthique, transformation numérique et recomposition du paysage médiatique, le journalisme politique apparaît moins comme un métier en crise que comme un métier en constante adaptation.

Cette conférence aura ainsi permis de comprendre que derrière chaque article se jouent des arbitrages complexes, où se croisent rigueur professionnelle,responsabilité démocratique et capacité d’innovation.

Article rédigé par Maëlys, étudiante en Bachelor à EGORA

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Dernière mise à jour : 14 mai 2025

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